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Alcaraz essaie une méthode innovante pour récupérer son poignet droit
Carlos Alcaraz a surpris en s'entraînant avec un cône sur l'œil droit pendant sa récupération à Murcie.
Carlos Alcaraz continue de progresser dans sa récupération, bien que son retour sur le circuit doive attendre. Lors de l'une de ses dernières séances, partagée par lui-même sur son compte Instagram, on a pu voir le Murcien frapper la balle avec un petit cône placé sur l'œil droit, une image saisissante qui a suscité des interrogations sur le but réel de l'exercice.
Il ne s'agit pas d'une protection liée à sa blessure au poignet ni d'un signe d'un problème oculaire. L'objet fait partie d'un travail spécifique modifiant temporairement l'information visuelle reçue par le joueur. Le but est d'augmenter l'exigence d'une tâche déjà automatisée et d'obliger le cerveau à chercher d'autres repères pour lire la trajectoire de la balle, ajuster la position du corps et coordonner le coup.
Carlos Alcaraz ajoute des stimuli visuels à sa récupération
Alcaraz est éloigné de la compétition depuis plusieurs mois à cause d'une blessure au poignet droit survenue au printemps dernier. Après une première phase plus prudente, l'Espagnol a augmenté la charge de travail jusqu'à revenir aux entraînements sur le court et à retrouver progressivement l'intensité.
Les séances récentes ont permis de constater qu'il se déplace à nouveau, accélère et frappe avec plus de normalité. Cependant, lui et son équipe ont choisi de ne pas précipiter son retour. L'absence à Cincinnati confirme que la priorité ne consiste pas uniquement à pouvoir frapper la balle, mais à retrouver la capacité de concourir pendant plusieurs heures sans limitations ni risque de rechute.
C'est dans ce processus que se présente l'exercice visuel. Le cône utilisé par Alcaraz est une pièce légère, souple et avec de petites perforations. Sa fonction n'est pas de bloquer complètement la vision, comme ce serait le cas avec un patch opaque, mais de réduire partiellement la participation d'un des yeux.
De cette manière, l'entraînement introduit une difficulté qui n'existe pas dans des conditions normales. La balle continue d'arriver à grande vitesse, mais le joueur dispose d'une information visuelle différente et doit réorganiser sa réponse.
Que cherche-t-il en se couvrant partiellement l'œil droit
Au tennis, voir la balle ne consiste pas uniquement à la localiser. Le joueur doit interpréter sa vitesse, sa hauteur, sa profondeur, sa direction et son effet dans un laps de temps minimal. À partir de ces données, le système nerveux calcule où le corps doit se placer, quand commencer la préparation et à quel moment exécuter l'impact.
En couvrant partiellement l'œil droit, Alcaraz réduit certaines de ses références habituelles. Cela peut l'obliger à utiliser de manière plus prononcée l'œil gauche et à prêter plus attention à d'autres mécanismes liés à l'équilibre, à l'orientation corporelle et à la perception de l'espace.
L'exercice augmente également la demande en coordination entre la vision et le mouvement. En recevant une image moins confortable, le tennisman doit affiner ses pas d'ajustement, maintenir correctement la distance par rapport à la balle et préparer le coup sans dépendre autant de ses automatismes.
Cela ne signifie pas nécessairement que l'entraînement va transformer sa vision ou produire une amélioration immédiate des réflexes. L'effet le plus intéressant réside dans la difficulté ajoutée. Alcaraz pratique une action connue dans des conditions plus complexes afin qu'en retrouvant ensuite sa vision habituelle, l'exécution lui paraisse à nouveau plus naturelle.
L'objectif ne serait pas d'apprendre à Alcaraz à jouer en ne voyant qu'avec un œil. Ce qui est recherché, c'est de soumettre son système perceptif à une situation différente et de voir comment il adapte sa technique, son placement et sa réponse à la balle.
En estos últimos días hemos podido ver a Carlos Alcaraz, probando un método de entrenamiento absolutamente novedoso.
En él se le ha podido ver entrenando con un cono en su ojo derecho.
¿Qué posible beneficio puede tener esto?
Os cuento 🧵 pic.twitter.com/E6Krkx1QaV— José Morón (@jmgmoron) August 6, 2026
Carlos Alcaraz est un droitier homogène
Le choix de l'œil droit prend un intérêt particulier en analysant le profil de latéralité de Carlos Alcaraz. Le Murcien frappe avec la main droite et a l'œil droit comme référence dominante, ce qui fait de lui un "tennisman homogène droitier" du point de vue oculo-manuel.
La dominance oculaire ne signifie pas que l'autre œil participe à peine. Les deux travaillent ensemble pour construire l'image, calculer les distances et suivre les objets en mouvement. Cependant, l'un d'entre eux tend à assumer un rôle plus important lorsque le cerveau doit établir une référence spatiale précise.
Chez un joueur homogène droitier, le bras exécutant et l'œil directeur sont du même côté. Chez un droitier croisé, en revanche, la raquette est maniée avec la droite, mais l'œil dominant est le gauche.
Cette distinction a été largement développée par Paul Dorochenko, physiothérapeute, ostéopathe et spécialiste en préparation sportive ayant travaillé avec des joueurs de tennis comme Sergi Bruguera, Carlos Moyà, Félix Mantilla et Roger Federer.
La théorie de Paul Dorochenko appliquée à Alcaraz
Selon le raisonnement de Dorochenko, la latéralité conditionne la façon dont chaque tennisman perçoit la balle et organise ses coups. Elle ne détermine pas à elle seule la qualité technique, mais peut expliquer certaines préférences naturelles et certaines compensations qui apparaissent pendant le mouvement.
Dorochenko affirmait que les joueurs homogènes droitiers sont souvent particulièrement à l'aise en revers. En se plaçant pour frapper de ce côté, l'œil droit peut se retrouver dans une position favorable pour suivre la balle et contrôler l'espace jusqu'au point de contact.
Pour la droite, la situation est différente. L'œil dominant et le bras exécutant se trouvent du même côté, tandis que la rotation du tronc et la position de l'épaule peuvent modifier temporairement la vision de la balle. C'est pourquoi le bras gauche, l'orientation de la tête et le maintien d'une distance adéquate ont une grande importance.
Appliqué au cas d'Alcaraz, s'entraîner avec l'œil droit partiellement couvert peut servir à réduire temporairement la dépendance de sa référence visuelle principale. L'Espagnol est contraint de reconstruire le coup avec une information différente, d'utiliser mieux l'œil non dominant et de s'appuyer sur le placement corporel pour trouver la balle. Compte tenu de sa récente blessure au poignet droit, travailler sur l'œil non dominant pourrait l'aider à l'avenir lors du mouvement technique qui a pu lui causer cette blessure.
Une aide, pas une explication totale de sa technique
La latéralité ne permet pas de conclure que tous les homogènes ont un excellent revers ou éprouvent des difficultés avec la droite. Novak Djokovic a été utilisé comme l'un des exemples les plus reconnaissables de droitier homogène, tout comme Stan Wawrinka, Richard Gasquet ou Sergi Bruguera. Tous ont développé un revers extraordinaire, bien que avec des techniques et des styles très différents.
Alcaraz, de plus, possède une droite particulièrement explosive. Son profil homogène ne l'empêche pas de générer accélération, puissance et variété de ce côté. La théorie sert à étudier comment il trouve le point d'impact ou quelles références il utilise pendant la préparation, mais ne remplace pas l'analyse de sa technique, de sa coordination et de sa capacité athlétique.
Le cône ne doit pas non plus être interprété comme la solution à un défaut précis. C'est un outil de plus dans une préparation individualisée. En modifiant pendant quelques minutes sa perception habituelle, l'équipe cherche à ce que Carlos Alcaraz affine la relation entre la vue, les appuis et la raquette, afin que cela puisse avoir un impact positif sur une meilleure technique lors de ses droits et que son corps puisse également aider au mouvement et que ce ne soit pas uniquement son poignet qui doive fournir le plus d'efforts.
La récupération du poignet continuera à marquer les délais de son retour. En attendant, des exercices comme celui-ci permettent de travailler des aspects moins visibles de la performance. Tout compte pour que Carlos puisse non seulement continuer sa récupération du poignet droit, mais aussi éviter de futurs problèmes qui pourraient surgir à nouveau.
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