Victoria Mboko a clôturé sa saison de ses 19 ans dans le top 20 mondial, un succès retentissant qui mérite quelques lignes de réflexion. Rien de mieux que sa propre entraîneure, Nathalie Tauziat, pour nous expliquer les clés du projet.
Derrière un grand joueur, il y a toujours un grand entraîneur. Cela se vérifie dans 99% des cas, et avec Victoria Mboko et Nathalie Tauziat, il n'y a pas d'exception. La Canadienne a explosé cette saison, passant de la 336e place à la 18e place mondiale, un bond tellement énorme qu'il peut donner le vertige. Son entraîneure a fait une petite analyse lors d'une interview avec Clay sur la manière dont elle a vécu la victoire au WTA 1000 de Montréal ou sur les aspects qu'il faut le plus améliorer pour la prochaine saison.
Mais avant, il convient de rappeler les risques du monde du sport lorsqu'on atteint une conquête majeure à un moment inattendu. Peu importe à quel point on est bon sur le court, on peut ne pas être prêt à gérer les honneurs du succès. C'est ce que nous avons tous pensé en voyant Victoria Mboko battre de grandes figures cet été au WTA 1000 de Montréal, atteignant sa première finale en tant que professionnelle et remportant un titre qu'elle n'oubliera jamais. Encore adolescente, personne ne savait comment elle allait sortir de toute cette frénésie médiatique.
“Je n'ai rien remarqué de changé en elle, pas du tout”, reconnaît son entraîneure, dissipant rapidement tout doute “Le tournoi du Canada était très important, nous savions tous qu'elle allait recevoir une invitation pour le tableau, donc bien y performer était l'un des grands objectifs de la saison. Ensuite, elle s'est chargée d'aller bien au-delà de ce que nous pouvions espérer. Ce furent des moments de grande joie, la clé était de toujours penser au match suivant, à ce qui allait arriver le lendemain. Maintenant, nous devons établir des objectifs encore plus ambitieux, elle est déjà dans le top 20 mondial, mais son jeu a besoin de beaucoup d'améliorations”, affirme la Française, qui fut un temps n°3 mondiale.
“Elle doit travailler sur de nombreux aspects, comme le service, le coup droit, le revers… au final ce sont les mêmes choses qu'il faut toujours améliorer, à son âge nous devons progresser dans son jeu dans son ensemble, dans chaque aspect. De plus, ce qu'elle a besoin c'est de beaucoup s'améliorer physiquement, affiner certains détails améliorables en termes de mouvement, mais nous avons du temps devant nous. C'est une fille qui sait écouter, c'est ce qui importe, qu'elle sente que nous travaillons vraiment sur des choses qui lui sont bénéfiques”, affirme la finaliste de Wimbledon 1998.
L'expérience de Tauziat a été essentielle pour assister à l'envol de Mboko qui, pour couronner le tout, a quand même trouvé le temps de clôturer son calendrier en remportant son deuxième titre professionnel à Hong Kong, rappelant à tout le monde que Montréal n'avait pas été le fruit du hasard. Ce triomphe lui a permis de terminer la saison dans le top 20, se présentant comme la meilleure raquette de son pays à seulement 19 ans. Un exploit pour quelqu'un qui a commencé la saison en jouant des tournois ITF au-delà des trois cents premiers du classement.

“Elle a appris à être plus patiente, à ne pas frapper la balle juste pour le faire”, souligne Tauziat, qui la côtoie au quotidien. “Elle a beaucoup progressé tactiquement, elle attend maintenant la balle idéale pour attaquer, elle comprend qu'elle ne doit pas frapper si fort quand elle n'est pas bien positionnée. Elle préfère jouer une balle plus profonde et longue, en attendant l'opportunité idéale. Elle veut toujours être agressive, c'est son jeu naturel, donc nous ne le changerons pas, mais nous ajouterons un peu plus de contrôle”, ajoute-t-elle.
La clé du succès pour Victoria Mboko en 2026
Maintenant que tout le monde la connaît, le défi est de parvenir à 2026 et de continuer à jouer la carte de la surprise en sa faveur. Bien que le calendrier à venir n'ait rien à voir avec celui que nous laissons derrière, à commencer par un statut dans le vestiaire qui la forcera toujours à jouer en tête, débutant pour la première fois dans de nombreux événements jusque-là inconnus.
“Il est important de concevoir le bon calendrier, elle est encore très jeune, vient de fêter ses 19 ans, donc il est très difficile pour elle de devoir compétitionner chaque semaine. Nous devons bien gérer les horaires et lui laisser du temps pour récupérer adéquatement après chaque tournoi. Maintenant ce sera un peu plus difficile car, avec le classement qu'elle a, elle pourra entrer directement dans tous les grands tournois, donc nous devrons être intelligents”, assure Nathalie, qui a réussi à atteindre la deuxième semaine des quatre grands en tant que joueuse.
En fait, toute l'équipe part du principe de l'humilité qu'implique être une nouvelle venue. C'est pourquoi Tauziat garde en tête quelques exemples clairs de rivales auxquelles elle aimerait ressembler à l'avenir. “J'apprécie la mentalité de Cori Gauff, elle est combative sur le court, je l'ai vue à Roland Garros et elle a joué très intelligemment en finale. Je ne connais pas autant Emma Navarro mais j'aime beaucoup son jeu, elle peut tout faire. Je tiens aussi à mentionner Jasmine Paolini, j'aime beaucoup son tempérament, j'apprécie beaucoup la regarder jouer”, conclut la Française.
Cette actualité est une traduction automatique. Vous pouvez lire la nouvelle originale La mayor urgencia de Victoria Mboko

