De nombreux fans de tennis auront vu le nom de Valentin Royer (Neuilly-Sur-Seine, France, 29 mai 2001) et auront mis du temps à le situer dans l'écosystème du circuit. D'autres, peut-être, ne connaissent même pas encore ce joueur qui a construit sa carrière en faisant de petits pas sûrs, progressant de manière organique jusqu'à affronter aujourd'hui l'un des géants du circuit pour la première fois. C'est Carlos Alcaraz qui affrontera le Français au deuxième tour de l'ATP Doha 2026, un moment idéal pour que le public découvre un joueur singulier avec une histoire unique.
Sa relative jeunesse (il n'a que 24 ans) contraste avec son attitude lors de chaque tournoi. Valentin est un joueur calme, sérieux, toujours concentré sur le travail et les heures passées sur le court. Oui, il est né en France, mais son style de jeu et sa personnalité, tant sur le court que en dehors, ne correspondent pas aux stéréotypes français. En tant que joueur, Royer possède un jeu rythmé : des coups droits puissants des deux côtés du court, sans réelle faiblesse visible, cherchant à dominer ses adversaires en frappant très près de la ligne de fond, un joueur plutôt proche du tennis du XXIe siècle que de la finesse associée à l'école classique française.
Ses coups bénéficient de sa taille, son objectif est d'être un broyeur de concurrence et d'user ses adversaires jusqu'à trouver la balle courte au centre du court. La pression est constante non seulement depuis le fond du court, mais aussi sur le retour de service (toujours profond, cherchant à prendre le contrôle dès le second coup) et sur le service (très puissant, peut-être encore en manque de variété, point de départ de son jeu). Jusqu'ici, tout va bien : nous pouvons avoir une certaine attente de ce que nous verrons sur le court aujourd'hui... mais c'est son histoire et sa personnalité, marquées par des expériences peu conventionnelles, qui créent une vraie attente.

C'est l'histoire de Valentin Royer : de l'Europe de l'Est au Rwanda
Car Valentin n'a pas eu une enfance aisée en France, mais a appris à se débrouiller dans divers pays d'Europe centrale et de Europe de l'Est. Son père, qui travaillait dans une chaîne de supermarchés, a dû se déplacer à travers toute l'Europe pour des raisons professionnelles. Le jeune Royer a vécu pendant son enfance et son adolescence dans des endroits comme la République tchèque, la Pologne et la Serbie : c'est en Tchéquie qu'il se souvient d'avoir tenu une raquette pour la première fois, tandis que c'est en Serbie qu'il a développé sa passion et a réalisé que le tennis n'était pas un simple passe-temps, mais quelque chose pour toujours.
"Ce qui frappe le plus en Europe de l'Est, c'est l'éthique de travail des gens. Ils n'ont pas peur du dur labeur. Dans la plupart des cas, ces jeunes ne jouent pas au tennis pour le plaisir, mais pour vivre. Ils veulent réussir dans la vie à travers le tennis. C'est un peu : 'travaillez ou mourez'. Cette attitude m'a donné la discipline qui n'est pas toujours présente dans les pays d'Europe de l'Ouest. Si vous voulez réussir et que vous venez de ces pays, vous devez travailler encore plus, car il y a moins d'argent", a-t-il déclaré il y a quelque temps lors d'interviews avec l'ATP.
Royer a passé son adolescence à l'Académie de Janko Tipsarevic, avec qui il a travaillé à Belgrade avant de revenir, lors de sa dernière année de lycée, à Paris. Il est retourné dans son lieu d'origine, avec les enseignements et les expériences de ceux qui ont vécu une réalité totalement différente : ce melting-pot de cultures a façonné sa personnalité et en a fait un travailleur acharné, capable de passer des heures sur le court, développant un tennis solide comme de l'acier, coup après coup, ajoutant de plus en plus de puissance à son répertoire.
Le tournant pour Royer s'est également produit dans un autre endroit exotique. L'année dernière, le Français a fait un grand bond dans le classement, frôlant le top 100 et lui permettant de jouer les qualifications des Masters 1000 (et d'avancer rapidement en Grand Chelem ; il a battu Tsitsipas à Wimbledon, remportant ainsi sa première victoire en Grand Chelem), grâce à un doublé à Kigali, capitale du Rwanda. Il a dominé une série de Challengers dans une ville que peu ont osé visiter : l'altitude de la capitale africaine a été son alliée principale, mais aussi son adaptation à un environnement différent, donnant l'impression que Valentin était chez lui (et cela vient de quelqu'un qui a eu la chance de vivre avec lui et les autres joueurs lors de cette expérience, et d'être témoin de ses victoires là-bas).
Depuis lors, la progression du Français a été lente mais sûre, un microcosme de sa carrière. Il est actuellement classé 53e mondial, son meilleur classement historique, frôlant le top 50, après avoir atteint sa première finale ATP fin 2025 (à Hangzhou, où il s'est bien battu mais a finalement cédé face à Alexander Bublik). Aujourd'hui sera sa première confrontation avec les grands de circuit, encore inédite contre Alcaraz ou Sinner : une première prise de contact, un test pour voir dans quelle mesure son tennis est prêt à continuer à progresser. Nous serons là pour en profiter... ou pour souffrir, qui sait.
Cette actualité est une traduction automatique. Vous pouvez lire la nouvelle originale Valentin Royer, el francés forjado en Europa del Este que desafía a Alcaraz

